Wandercraft ouvre un atelier de robots humanoïdes dans un ancien centre de tri parisien

Fabriquer des robots industriels en plein Paris, dans un ancien centre de tri postal : c’est le pari de Wandercraft. La société française, connue pour ses exosquelettes de rééducation, a inauguré le 5 octobre un nouveau site de 4 300 m² qui réunit sous un même toit la recherche, la production et la maintenance. Au cœur de cette installation, un atelier où sortira son robot humanoïde Calvin-40, destiné aux tâches de manutention dans les usines.

Un bâtiment postal reconverti en atelier de robotique #

Trouver de la surface industrielle à l’intérieur du périphérique relève du casse-tête. D’après l’agence d’aménagement Tétris, qui a conçu les lieux, les équipes ont visité plus de 70 biens avant de retenir un ancien centre de tri postal construit en 1926, dans le 13e arrondissement. Ce bâtiment cumulait des atouts rares dans la capitale : des hauteurs sous plafond de 8 mètres et un quai de chargement intégré.

Ces deux points ne sont pas des détails. Un atelier d’assemblage de robots doit pouvoir recevoir des pièces volumineuses, manœuvrer des machines de grande taille et expédier les produits finis sans passer par une rue piétonne. Un ancien site logistique offre précisément cette configuration, là où un plateau de bureaux classique en serait incapable.

À lire Guide complet de l’autolaveuse : bien choisir son modèle

800 m² dédiés à l’assemblage et à l’entretien des robots #

Sur la surface totale, 800 m² sont réservés à l’assemblage, au stockage et à la maintenance des robots, selon Industrieweb. L’entreprise annonce une cadence d’un robot par heure dans cet atelier. Les chiffres de capacité varient toutefois selon les médias qui ont visité le site, et il faudra attendre la montée en charge réelle pour juger de la production effective.

Le reste du bâtiment accueille les bureaux d’études et les laboratoires. Regrouper la conception et la fabrication au même endroit permet de raccourcir les allers-retours entre ingénieurs et opérateurs, un avantage précieux quand un produit est encore jeune et que chaque série apporte son lot d’ajustements.

Calvin-40, un humanoïde pensé pour la manutention #

Le robot qui doit faire tourner cet atelier s’appelle Calvin-40. Comme son nom l’indique, il peut soulever des charges allant jusqu’à 40 kg, et une version future doit monter à 50 kg, précise Clubic. Il combine vision 3D, navigation autonome et contrôle adaptatif, et Wandercraft affirme qu’il fonctionne sans téléopérateur.

Ce dernier point mérite l’attention des responsables de production. Beaucoup de démonstrations d’humanoïdes reposent encore sur un opérateur humain qui pilote la machine à distance. Un robot capable de travailler seul change l’équation économique : il n’immobilise pas un salarié pour chaque machine en service.

À lire Pourquoi utiliser un détecteur de métaux dans l’industrie agroalimentaire ?

Renault comme premier grand client

Le premier débouché industriel est déjà identifié. Calvin est testé à l’usine Renault de Douai, et le constructeur prévoit de déployer 350 robots à partir de 2027. Wandercraft revendique aussi douze grands comptes industriels signés en moins d’un an, sans tous les nommer. Clubic évoque par ailleurs des opérations avec La Poste.

Une base solide dans la rééducation #

Si l’entreprise peut viser l’industrie, c’est qu’elle s’appuie sur un métier qu’elle maîtrise. Ses exosquelettes de rééducation, Atalante X et EksoNR, sont utilisés dans plus de 700 centres dans le monde. Le second vient de l’américain Ekso Bionics, dont Wandercraft a annoncé le rachat le 1er octobre. « Nous sommes désormais le leader mondial de notre marché historique », a déclaré son PDG et cofondateur Matthieu Masselin, cité par Clubic.

Le savoir-faire acquis sur la marche assistée, l’équilibre et la sécurité autour d’un corps humain se transpose naturellement vers les humanoïdes, qui doivent eux aussi se déplacer sans tomber et sans heurter les personnes qui les entourent.

L’objectif du million de robots par an #

Reste l’annonce qui a fait le plus réagir : Wandercraft vise à terme une production d’un million de robots par an, majoritairement fabriqués en Europe. Industrieweb souligne qu’il s’agit d’un objectif de long terme, sans rapport avec la capacité du site qui vient d’ouvrir, et Clubic note qu’aucune échéance n’a été fixée.

À lire Comment choisir un variateur de vitesse industriel : la methode de dimensionnement

Pour les industriels qui envisagent d’automatiser leur manutention, le message est surtout à lire à court terme. Un fabricant français d’humanoïdes dispose désormais d’un atelier de série et d’un premier client automobile d’envergure. Les retours des déploiements chez Renault, attendus à partir de 2027, diront si ces robots tiennent leurs promesses sur une vraie ligne de production, au milieu des contraintes de cadence, de sécurité et de maintenance que connaît chaque atelier.

Industrie Équipement est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Équipements